30/01/2011 : 2011 : vers un marché immobilier plus équilibré ?
Le marché immobilier devrait retrouver un certain équilibre en 2011 entre l’offre et la demande, avec des prix plus sages dont l’augmentation ne devrait pas dépasser les 3 % selon la dernière analyse publiée par le Crédit Agricole. Après une année 2009 marquée par un rebond des transactions et une hausse des prix immobiliers, notamment à Paris, le marché immobilier devrait se stabiliser en 2011. La demande de logement, certes toujours importante, devrait ralentir sous l’effet de la hausse des taux des crédits immobiliers, déjà amorcée depuis plusieurs semaines. Sans compter des avantages fiscaux moins attractifs, avec la suppression du crédit d’impôt pour les intérêts d’emprunt, du Pass Foncier et des majorations de prêt à taux zéro dans le neuf pour les acquéreurs. Néanmoins, les primo-accédants, segment actif du marché, bénéficié du nouveau PTZ Plus. Du côté des investisseurs, l’avantage fiscal du dispositif d’investissement locatif Scellier est réduit graduellement. « L’effet « valeur refuge » devrait moins jouer, à mesure que les taux d’intérêt (à court et à long terme) remonteront, et sous l’hypothèse d’un certain redressement des marchés boursiers, indique le Crédit Agricole. En outre, le taux de chômage va rester assez élevé, 9,2 % en moyenne en 2011. Compte tenu par ailleurs de la nette surévaluation des prix, il est probable qu’une partie des acheteurs potentiels vont devenir plus hésitants et reporter leur achat ».
Dans le même temps, l’offre de biens à vendre pourrait s’accroître avec la confirmation du retour sur le marché immobilier des secundo-accédants et l’arrivée de nouveaux programmes neufs. Le gel des chantiers par les promoteurs est terminé, notamment grâce au dispositif Scellier qui a attiré de très nombreux investisseurs. En conséquence, un « meilleur équilibre offre/demande et la remontée des taux de crédit devraient a priori conduire à des hausses de prix modérées. En 2011, les ventes seraient stables dans le neuf et l’ancien, et les prix en hausse modérée, + 3 % environ », estime le Crédit Agricole. L’établissement bancaire reste cependant prudent quant à ses prévisions qu’il estime « fragiles », compte tenu du « caractère atypique du cycle actuel », et « que les perspectives décrites ci-dessus supposent un certain redressement des marchés financiers. Si ceci ne se produisait pas, l’effet valeur refuge perdurerait, les taux de crédit resteraient très bas et l’immobilier pourrait rester comme en 2010 sur une tendance soutenue ». En revanche, la banque écarte le scenario de remontée rapide des taux d’intérêt et de baisse des prix immobiliers.
Nouvel Obs 25/01/2011